dimanche 18 octobre 2009


L'Abbaye de sainte Marthe-les-escouflettes fut fondée en 714, à la mort de Pépin de Herstal, par la jeune sainte Marthe elle-même, nonobstant le fait qu'il n’eût été prêté âme, à cette dernière, que depuis 6 mois seulement.
Ainsi donc, la création de la chapelle romane, du cloître primitif, le creusement du puits et ordonnance du potager furent mis au crédit des prodiges, que Dieu, dans son impénétrabilité, décida d'accomplir par entremise de sa servante, la plus dévouée et la plus précoce, dans ce coin reculé de l'Empire romain d'occident et lors de cette obscure période mérovingienne tardive.

Vu les dates, vous aurez compris bien sûr, que cette sainte Marthe là, ne devait pas être confondue avec LA Sainte-Marthe, dont parlent les écritures, sœur de Marie-Madeleine et de Lazare.
Au cours de la vie de la sainte, en plus de cette capacité de bâtisseuse juvénile, bien d'autres miracles lui seront attribués, comme d'avoir réussi à faire pousser des fayots dans de la glaise ou d'avoir lu la Bible, en entier! Personnellement, j'ai jeté l'éponge à la page 94 ! Quand Moïse s'est paumé dans le désert:" Ils partirent de Hor-la-montagne par la route de la mer de Suph, pour contourner le pays d’Edom. En chemin, le peuple perdit patience..."et moi aussi. Cette histoire tournait en rond ; j'ai sauté 128 pages, j'ai repris au livre d’Esdras. En plus, à son époque, sa bible devait être écrite en latin, et elle n'avait sûrement pas les magnifiques illustrations de Gustave Doré, comme dans ma Bible à moi. Alors non ! Moi je vous le dis, elle eut bien du mérite, la p'tite Marthe! En même temps, je dis ça... on sait bien que nous vivons une époque de fainéantise carabinée, pour ce qui est de la lecture, tant profane que sacrée. Comme présentement, où je fais des efforts de bousier pour ne pas vous mettre des émoticônes et des abréviations SMS.

Mais revenons plutôt à l’Histoire de la baraque, l’Abbaye :

Après la mort de la Sainte fondatrice, celle-ci étant montée au ciel comme un météore, en remerciement de ses bienfaits (sans passer par la case putréfaction, comme il est de bon ton chez nous autres poussières), l’Abbaye fut squattée, au fil du temps, par diverses congrégations : Chevaliers du temple, Sœurs hospitalières d'Anthrax (ou Andratx) et lavalette, Christian Roenkreutz et sa noce, les petites sœurs de saint Vincent de Paul et leurs parachutistes anglais, par le docteur Muller et sa bande de faux-monnayeurs et plus récemment, par Leroy Jenkins, de la Miskatonic University et les Girl Scouts of Eastern Massachusetts.






Des chevaliers du temple, pour ne parler que d’eux, une rumeur persistante raconte qu'ils laissèrent, derrière eux, un excédent de bagages, caché sous la grande pierre du maître-autel, quand ils durent quitter précipitamment l'Abbaye de Sainte-Marthe-les-escouflettes, en plein bousin, le soir du 12 octobre 1307. Du surplus, de la bimbeloterie, vase, vieux bouquins, de la pacotille, quoi, rien d'intéressant, probablement.

Durant toutes ces périodes heureuses et sombres, l’abbaye put compter sur la forêt alentour pour lui assurer des revenus confortables grâce à la vente du charbon de bois, pour barbecue. Il est même très probable que le charbon du barbecue que l’on voit représenté sur la tapisserie de Bayeux, provienne de l’Abbaye ; le registre des clients portant encore le nom du conquérant de l’Angleterre en page 403, avec cette gentille mention « sommes très contents des services de l’Abbaye, en 1065, et serions heureux de continuer à nous approvisionner chez vous, en 1066. Guillaume.» Notez qu’en 1066, il dût sûrement n'avoir plus à faire que de s’occuper du réassort.




Si les visiteurs du XXI° siècle viennent de loin pour apprécier le prodigieux dépouillement d’une architecture propre au recueillement et le foisonnement d’un jardin à la hussarde, ce sont surtout les visiteurs qui n’ont jamais trouvé l’abbaye par temps de neige, qui ont le plus fait parler d’eux, comme ce car de retraités qui ont trouvé refuge, durant deux jours et deux nuits, chez un paysan du coin et dont l’histoire a fait l’objet d’un livre, aux éditions du coprin, et dont on dit, en sus, que Steven Spielberg aurait racheté les droits pour une adaptation cinématographique, Nicolas Cage et Diane Kruger étant pressentis pour interpréter le couple de paysans.





Quand à l’escoufflette, escouflette, ou escoulette, ça doit être une bestiole, pas bien grosse, mais sûrement très jolie.







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